Vous parler de ça – Laurie Halse Anderson đź“–

Cette semaine j’ai lu Vous parler de ça. Vous devez sûrement savoir de quel livre il s’agit, il est actuellement affiché dans toutes les bouches de métro et arrêts d’autobus.

Avant même de lire ce livre je savais qu’il serait bien, ou du moins qu’il me plairait. C’est le genre de roman où rien que la couverture vous pousse à feuilleter les pages.

3

Si j’ai bien compris le rĂ©sumĂ©, il s’agit d’une histoire vraie, une histoire arrivĂ©e Ă  l’auteur. Je ne rĂ©vèlerais pas l’intrigue, qui est très vite amenĂ©e de toute façon, mais je trouve dommage car elle est devenue ”clichĂ©e” au jour d’aujourd’hui. Et ça me rĂ©volte d’utiliser un tel terme pour ça  parce que ça ne devrait pas ĂŞtre considĂ©rĂ© comme quelques choses de clichĂ©, bien au contraire.

Mais de nos jours l’industrie des livres est un peu comme l’industrie du cinéma, on ressasse les mêmes problématiques, les mêmes méchants qui tiennent le couteau et les mêmes victimes. On banalise, pour vendre et toucher, ce qui ne devrait pas être tue et pas non plus exploité pour faire du chiffre.

C’est quelque chose de grave et j’aurais aimĂ© que Vous parler de ça soit le premier roman que je lise Ă  ce sujet. Le plus ironique c’est qu’il a Ă©tĂ© Ă©crit avant l’an 2000 et seulement traduit en français cette annĂ©e. Il a mĂŞme Ă©tĂ© adaptĂ© en film en 2004 –Speak avec Kristen Stewart- mais n’est sorti en France qu’en DVD. Ironique je vous dis ! De manière chronologique je le considère comme le premier.

.

Citations :

”Il nous faudrait des jours commémoratifs en plus pour que les profs d’histoire-géo aient l’occasion de couvrir tout le programme”

”Avec mon ciseau, il crève la toile et l’entaille dans un long déchirement qui fait suffoquer toute la classe”

”C’est Venise la nuit, c’est la couleur de l’âme d’un comptable, c’est un amour dédaigné. C’est le sang des imbéciles. La confusion. La sécurité de l’emploi. L’intérieur d’un cadenas, le goût du fer. Le désespoir. Une ville sans éclairage public. Le poumon d’un fumeur. la chevelure d’une petite fille qui grandit privé d’espoir”

.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Il est simple, construit et merveilleusement bien écrit -ou du moins traduit-. Certes, les histoires de lycées ne changent pas et restent les mêmes selon les auteurs. Ça ne fait que prouver qu’on a un peu tous vécu la même chose.

Vous parler de ça parle d’un tabou. En fait, c’est un livre du courage bien plus efficace qu’une campagne de pub avec un numéro SOS. Alors oui, je le recommande mais vous conseille d’oublier les histoires que vous avez lu avant sur le même sujet, afin d’apprécier d’avantage ce roman.

.

Infos : PĂ´le Auteur Anglophone – 19€ – Laurie Halse Anderson, 299 pages

Nombre de jour pour le lire : 2 et demi